Premier morceau écouté : la Symphonie 11 op.103 de Chostakovitch par Bernard Haitink. Ce choix est stratégique pour pouvoir entendre les nuances, en effet, dans le deuxième mouvement il y a un redoutable crescendo parfaitement exécuté par les musiciens qui ne doit absolument pas être limité par un système hi-fi et… force est de constater que le TK Two KT170-PSE ne se laisse pas déborder par le défi !
Les impacts de la grosse caisse ne dérapent pas, les tuttis ne hurlent jamais (très bon point lorsqu’on craint souvent les cuivres prennent le dessus). L’orchestre symphonique est bien présente, face à nous, dans une vaste perspective et scène sonore cohérente. Une écoute pratiquement dal vivo tellement la restitution est précise ! En effet, en se concentrant bien, il est possible d’entendre l’acoustique réverbérée de la prestigieuse Concertgebouw. Cette précision délicate s’explique par les caractéristiques de l’amplificateur mais surtout par la rigueur des MANGER qui, grâce au TEKTRON, peuvent expliquer leur unique capacité à la définition. Il faut dire que niveau précision, il est difficile de faire mieux…
LES MANGER Z1 : ENTRE RIGUEUR ET DÉLICATESSE
De la même manière, en passant la longue suite de rock progressif Larks’ Tongues in Aspic pt. IV de King Crimson, on se rend bien compte que ce système a une puissance d’analyse et de restitution hors normes. Bien que le morceau soit assez alambiqué, la résolution sonore est claire, il n’y a pas la moindre complaisance de la part des électroniques en plus de faire leur travail de restitution, évitent aussi la transformation du piqué afin de le conserver tel quel et ne pas créer de fatigue auditive due à la torture que représentent les défauts de netteté. Tout est mis en lumière, parfois un peu plus tamisée évidemment pour la profondeur, mais rien n’est caché ni oublié. Toutefois, plus que lors de la Symphonie 11 de Chostakovitch, on perçoit que le registre grave est moins réactif que la majorité du spectre, celle reproduite par le transducteur MANGER décidément atypique (on rappelle que les Z1 ont pour vocation d’être extrêmement performantes dans les registres milieu-aigus).
LA PUISSANCE DU TEKTRON TK Two KT170-PSE
Le bal se poursuit dans le calme, la poésie et la décontraction. Le système reproduit désormais l’album Life goes on de Carla Bley. Comparé aux AT38 (qui coûtent le double), le son est moins rond, moins dansant quand bien même les enceintes bibliothèques allemandes soient capables de reproduire des fréquences basses (20 Hz), chose impossible pour la technologie des grosses colonnes. La suavité est conservée dans l’ensemble, toutefois les MANGER ont naturellement un son un peu plus raffiné que les grandes ATLANTIS qui s’explique, tout simplement, par leur différence de taille et de d’objectif voulu lorsqu’elles ont été conçues. De son côté, la bonne santé du TEKTRON ne faiblit pas : l’incandescence des timbres, l’expressivité de la voix, l’harmonie des instruments… tout est là. Subjectivement, écouter les Z1 sur un ampli un peu plus conciliant pourrait être une bonne idée.
UN SYSTÈME PRÉCIS : MANGER ET ANGSTROM
Violoniste de référence pour nos oreilles, Hillary Hahn ferme la marche avec son interprétation des Sonates pour violon d’Ysaÿe. Cet album, que nous avons entendu plein de fois, nous a quand même surpris. Il est rarissime d’entendre avec autant de réalisme la technique de jeu de l’artiste, cet archet qui frotte sur la corde, les histoires véhiculées à travers ce violon qui chante, pleure, grince, soupire, sourit… La vitesse d’établissement des notes par le transducteur MANGER, unie à la magnificence sonore des appareils en amont, nous rapprochent ici du véritable instrument qu’on pourrait préférer un peu plus boisé, non pas du fait des couleurs (ici extrêmement ajustées) mais du ressenti corporel. Si vous avez ces goûts-là, les P1 et P2 seraient sûrement votre solution.
UN SYSTÈME DÉLICAT, VINTAGE ET MODERNE

La proposition ANGSTROM/TEKTRON/MANGER est assez insolite et a l’avantage de révéler les qualités (et les failles) de chaque appareil… Ici, la qualité de fabrication et l’abondance du TK Two KT170-PSE est indéniable, la précision et l’étendue sonore des Z1 est admirable et constitue une possibilité de chaîne très séduisante pour qui souhaiterait un éclairage direct sur les musiciens, sans surexposition ni aveuglement, contenus par l’autorité et la justesse du ZDA-71.
