UN FONCTIONNEMENT AMBITIEUX
Dès le premier regard, l’appareil affirme son caractère. Son esthétique massive et atypique ne cherche pas à séduire par la finesse ou la discrétion, mais par une présence assumée. Avec près de cinquante kilogrammes sur la balance, un châssis dense et une architecture interne particulièrement élaborée, le Supremo annonce clairement ses intentions : ici, aucun compromis n’a été accepté.
Techniquement, le Supremo est un intégré fonctionnant en pure classe A, tant pour sa section préamplificatrice que pour son étage de puissance. Son architecture est totalement symétrique et il n’accepte que des entrées XLR, un choix cohérent avec sa conception interne. Cette rigueur structurelle participe directement à la stabilité de l’image stéréo et à la précision de la scène sonore.
Mais ce qui distingue réellement le Supremo réside dans sa philosophie de conception. GRANDINOTE a développé une technologie propriétaire qui adopte une topologie inspirée des amplificateurs à tubes, tout en utilisant des transistors. L’idée est de retrouver la densité harmonique, la fluidité et la matière caractéristiques des lampes, sans en subir les contraintes. Il n’y a donc ni usure de tubes, ni remplacement périodique, ni transformateurs de sortie complexes. L’impédance de sortie reste faible, la stabilité exemplaire, et la longévité nettement supérieure à celle d’une électronique à lampes traditionnelle.
La puissance annoncée peut sembler modeste sur le papier pour un appareil de ce gabarit, avec un peu plus de trente watts en pure classe A. Pourtant, cette donnée ne reflète pas réellement ses capacités dynamiques. Grâce à une alimentation surdimensionnée et à une réserve de courant conséquente, le Supremo est capable de délivrer une énergie bien supérieure lorsque l’impédance chute, lui permettant d’alimenter des enceintes exigeantes avec une autorité surprenante. La sensation à l’écoute n’est jamais celle d’une limitation, mais au contraire d’une maîtrise sereine et continue.
L’architecture interne adopte une configuration double mono intégrale. Chaque canal dispose de sa propre alimentation et de circuits disposés en miroir. Les transformateurs prennent place sur les côtés du châssis tandis que les cartes électroniques sont regroupées vers le centre. Cette séparation rigoureuse des voies contribue à une lisibilité remarquable du message musical et à une spatialisation d’une grande stabilité.
À l’allumage, l’appareil nécessite environ une minute pour atteindre son régime optimal. Ce temps de stabilisation permet aux régulateurs de tension et aux circuits de se mettre progressivement en condition thermique. Une fois prêt, le Supremo fonctionne dans un état de stabilité idéal, garantissant une restitution constante.
GRANDINOTE SUPREMO : UNE ÉCOUTE... SUPRÊME
À l’écoute, l’amplificateur séduit par sa densité et sa cohérence. Les voix possèdent une texture presque tactile, les timbres sont riches sans jamais sombrer dans l’excès de chaleur, et la scène sonore s’étend avec naturel. La classe A apporte cette fluidité continue, cette absence de dureté, qui permet d’enchaîner les heures d’écoute sans fatigue. Le Supremo ne cherche pas à impressionner par une démonstration spectaculaire ou une exagération analytique. Il privilégie la matière, la continuité et la crédibilité de la reproduction musicale.
Le GRANDINOTE Supremo n’est pas un amplificateur universel au sens marketing du terme. Il ne multiplie ni les fonctions ni les artifices technologiques. Il se concentre sur l’essentiel : l’amplification, pensée comme un art d’équilibre entre émotion et rigueur technique. Pour l’audiophile en quête d’une restitution organique, proche de l’esthétique des tubes mais libérée de leurs contraintes, il représente une proposition singulière et profondément aboutie.
Avec le Supremo, GRANDINOTE ne cherche pas à suivre une tendance. La marque affirme une vision. Et cette vision, résolument musicale, trouve ici l’une de ses expressions les plus accomplies.
