Ce système est une variante d’une combinaison précédemment décrite autour des enceintes TAD Micro Evolution 1 TX, une évolution récente d’un modèle emblématique de la marque, ne serait-ce que par ses performances technologiques extrêmes dans des dimensions microscopiques (41 cm de haut), comparées à la dimension du front sonore.
Cette fois, les enceintes sont pairées avec les électroniques AUDIA FLIGHT : les Strumento n°1 Evo et n°4. La source est toujours le Rockna WaveDream Signature et Rockna WaveDream NET.
AUDIA FLIGHT : L'ÉCLOSION DES TIMBRES
La comparaison directe avec les électroniques TAD, en écoutant la Symphonie n°8 de Chostakovitch dirigée par Kirill Petrenko avec le Berliner Philharmoniker, révèle immédiatement une belle ouverture des timbres. Ce n’est pas tant la variété des couleurs qui frappe, mais plutôt la vivacité et la texture du son, soutenues par une cohérence tonale et une clarté remarquables, surtout à l’apogée qui relie les 3e et 4e mouvements.
L’ampleur sonore est impressionnante : elle déploie beaucoup d’air autour de la voix de Billie Eilish dans Goldwing, offrant une belle prolongation des réverbérations et une séparation remarquable des lignes vocales, soutenues par un arrangement à la fois dense et raffiné.
Quelle énergie ! À la fois solide, équilibrée et parfaitement maîtrisée par les électroniques italiennes.
La poésie du son s’installe ensuite dans Everybody Dies. Sans parler d’une expressivité marquée, on perçoit un beau naturel dans le chant comme dans les arrangements, qui ondulent avec douceur et émotion.
Dans l’ensemble, la qualité sonore surpasse largement celle des ME1 (modèle antérieur non “TX”) : les enceintes semblent plus grandes, le grave gagne en profondeur et en fermeté, et l’équilibre tonal est mieux intégré, sans aucune dureté dans l’aigu.
Le son puissant de la rappeuse américaine Leikeli47 (Queen, extrait de Lei Keli ft.47) plonge l’auditeur dans une sensation de force tranquille, inépuisable et souple, illustrant la suprématie des électroniques AUDIA FLIGHT.
ME1TX : DES ENCEINTES HONNÊTES ET FIDÈLES
Le léger manque de présence, dû à la petite taille des enceintes, qui ont la bonne idée de ne pas chercher à « faire semblant », ne prive en rien le plaisir d’écoute, même lors des forte presque surhumains d’Andrè Schuen dans Der Doppelgänger de Schubert. La voix du baryton, à la virilité douce et nuancée, remplit l’espace sans jamais devenir agressive, accompagnée d’un piano superbe, un peu en retrait, certes, mais toujours noble.
Cette impression de réalisme se prolonge dans La garde montante de Carmen dirigée par Sir Simon Rattle : la richesse des couleurs sonores est incroyable, les petites flûtes sont d’une précision exquise. La mise en scène sonore est parfaite : on perçoit distinctement l’avancée des enfants soldats au loin, et chaque voix dans le chœur est identifiable. L’échange malicieux entre les deux officiers semble se dérouler juste devant nous, avec une distance crédible entre eux.
Avec le violon d’Hilary Hahn interprétant Ysaÿe, on retrouve cette précision et cette lumière caractéristiques des petites TAD, enrichies ici d’une texture boisée qui rend l’écoute plus immersive. On note aussi une meilleure continuité entre les passages doux et puissants, sans atteindre la perfection absolue, mais avec une belle cohérence.
Un détour par le jazz ? Oui, mais pas du jazz sage : du costaud, du dense, avec South d’Eric Leeds, Rhonda Smith, John Blackwell, Renato Neto et Prince. Le groove reste un peu contenu, mais le swing impressionne par sa rigueur et son efficacité redoutable. La discrétion visuelle des petites TAD, sublimée par la puissance maîtrisée des AUDIA FLIGHT, rend hommage à la basse musclée de Lady Smith et aux percussions fougueuses de John Blackwell.
LA BEAUTÉ RÉVÉLÉE

L’ensemble paraît un peu moins percutant qu’avec les électroniques TAD, notamment sur Brat ou Incel de Malvina (Mercedes). Mais c’est une « faiblesse » heureuse : les notes gagnent en nuance et en subtilité. Certes, Mercedes pousse les petites TAD dans leurs retranchements – elles ne sont pas faites pour la techno, aussi inventive soit-elle – mais leur cohérence et leur justesse sonore compensent largement cette limite physique.
En conclusion, le remplacement du duo TAD C1000 + M2500 Mk2 par les Audia Flight Strumento n°1 Evo + n°4 dans la salle Rêve établit un nouveau standard. Le système italien apporte une gourmandise et une vitalité nouvelles, sans aucune exagération ni tricherie tonale. Il nous rapproche tout simplement du cœur battant de la musique, un équilibre parfait entre la virtuosité solaire de l’Italie et la rigueur lumineuse du Japon.
