Cette écoute débute avec le jeune Alexander Malofeev, qui avec délicatesse, nous guide dans la délicieuse Canzon serenata de l’Opus 18 de Nikolaï Medtner. Le piano, opulent, nous saisit. La sensation du gras du doigt qui parfois effleure la touche ou au contraire implante la fermeté du geste, le jeu de pédale dosé avec minutie, le phrasé ornementé d’un soupçon de maniérisme… ces détails, intégralement révélés par le système, nous subjuguent et nous immergent dans l’ambiance concert… à taille réelle. En effet, cette association possède une grande réceptivité artistique, pour ce genre musical en tout cas, notamment du fait que le TEKTRON est un excellent ampli à tubes qui renforce la rondeur et la profondeur déjà présente dans les enregistrements.
LA SYMBIOSE TEKTRON/ANGSTROM/ATLANTIS
TEKTRON et ANGSTROM se marient très bien et leur symbiose alimentent les enceintes ATLANTIS LAB (dont le modèle AT38 n’est pas nativement destiné à l’opéra) de sorte à les mener vers l’excellence. Ainsi, l’intensité de l’immense tragédienne Maria Callas est retranscrite aussi fidèlement que possible. Vibratos exceptionnels et fragilité bouleversante s’harmonisent au sein d’une prodigieuse puissance vocale sur Casta Diva. Quoiqu’on en dise, l’indéniable transparence des AT38 (et de toutes les ATLANTIS en général) est un grand avantage sur les morceaux qui se veulent cristallins, purs.
LA CLARTÉ DES ATLANTIS LAB AT38
Autre type de voix : Léa Sen, album Levels… le Tektron réussit l’exploit de filer la soie de tendresse d’un chant R&B idéalement ductile, riche en modulations fines, scénariser les fantomatiques sonorités électro autour de la guitare acoustique de l’artiste et articuler le grave qui, dans cette petite pièce, peut facilement déborder. Cela signifie que, si ce n’est pas l’ampli qui descend le plus le bas dans le spectre, sa poigne est incontestablement musculeuse. Les AT38 quant à elles ne font pas un pli face à la complexité sonore du morceau.
UNE GRANDE SCÈNE SONORE
Maintenant, il faut tenir compte des dimensions de la Salle Passion : elle est quand même grande et les attentes sur les systèmes exposés dans cette ambiance feutrée-cigare-whiskey sont bien hautes. Ce qui est bien, c’est que cette salle offre vraiment la possibilité d’écarter les enceintes et de les tester sous plusieurs configurations et, en l’occurrence, espacées de toute la longueur du meuble, La Valse de Ravel par Le Münchner Philarmoniker et Sergiu Celibidache prend vraiment toute sa place. La scène sonore est spacieuse et la respiration laisse sans voix ! Le TK Two KT170-PSE n’exagère pas le dynamisme et l’enthousiasme de l’orchestre bavarois (contrairement à bien des amplis à tubes) : la définition des textures et le déroulement rythmique reste précis et fidèle à la volonté du chef d’orchestre.
UNE ALLIANCE DE CARACTÈRE ET DE PURE MUSICALITÉ

Il faut dire que l’association TEKTRON et ATLANTIS fonctionne vraiment bien (ce n’est pas pour rien que les deux marques ont collaborées pour parfaire cette association et développer un ampli spécifique pour la sonorité des enceintes). Les deux appareils se complètent : quand l’un est plus chaleureux, l’autre est plus cristallin, quand l’un souhaite briller un peu trop fort, l’autre apaise parvenant ainsi à un équilibre sans débordements. La chaîne n’en rajoute pas. Là-dessus, on peut faire confiance à ATLANTIS et sa recherche de transparence. Ainsi, sur un morceau qui n’est pas parfaitement enregistré comme The Sidewinder de Lee Morgan, le vide n’est pas comblé par une accentuation paresseuse du bas-médium ce que certains pourront trouver inhabituel mais d’autres diront qu’au moins le timbre de la trompette est joliment mis en avant à défaut d’être accompagné par le reste des registres.
L’écoute est donc, grâce à cette association équilibrée, aussi énergique que délicate, guillerette que démonstrative et prouvant que cet assemblage autour de la KT170 est réussi et nous rapproche du vivant.
