QUALITÉ SONORE DU TAD A-1000TX : RÉSOLUTION ÉLEVÉE ET ÉQUILIBRE TONAL
La sélection musicale débute dans le calme (et recueillement) par le sublime Adagio (2e mvt) du Quatuor n°9 Opus 117 de Chostakovitch dans la livrée du Goldmund Quartet. La magnifique harmonie des musiciens, fusionnant autour d’une colonne vertébrale solidement implantée par le système, procure à l’Adagio une imprégnation de digne douleur où l’engagement volubile du Rockna se distingue, quand bien même les fins de notes sur les rebonds, certes ciselés, sont ici insensiblement écourtées. L’interprétation des musiciens n’est pas exagérée par le système, la prestation reste tendue, un peu plus froide avec le câble The Cliff qu’avec The Mountain (que vous pouvez préférer pour sa chaleur enrobante), mais aussi plus cohérente tonalement ou en perception des matières et avec une transparence nettement accrue.
Au niveau du rendu sonore, le A-1000 semble avoir été étudié pour ces enceintes ! Le degré de résolution est à la fois élevé et équilibré, rendant l’écoute immersive et rigoureuse. À titre personnel, la comparaison avec le GRANDINOTE Supremo pourrait être pertinente puisque ce dernier propose un résultat légèrement plus souple et plus corpulent.
UN AMPLIFICATEUR INTÉGRÉ AUDIOPHILE POLYVALENT POUR TOUS LES STYLES MUSICAUX
S’en est suivi un morceau plus pop/rock style années 60 avec Requiem pour un Con de Serge Gainsboug. Ici encore, le système a reproduit le swing, l’impact de chaque note et de chaque harmonie avec une appréciable forme de soyeux évitant que la précision et la répétition rythmique et mélodique ne devienne lassante. En effet, la basse est suffisamment décontractée, articulée pour saisir l’oreille. Les réverbérations sur les percussions racontent l’ambiance du studio où les instruments s’enjaillent sous la voix posée de Gainsbourg.
Sur l’air énigmatique, voire inquiétant (si ce n’est visionnaire) de The Puppet Motel par Laurie Anderson, l’amplificateur intégré TAD révèle une nouvelle dimension de sa personnalité : à l’écoute, une capacité énergétique dosée, contrôlée, se fait ressentir. C’est une beauté artificielle qui n’est pas désagréable, loin de là, qui est propre à la solution apportée par le A-1000 d’être un intégré mais qui ne vaut pas (encore) le poids, la gravité des matières et la finesse rythmique des modèles supérieurs des électroniques TAD, mais reste un excellent compromis pour éviter d’avoir un système trop encombrant, d’où sa place dans la Salle Excellence, où l’on souhaite montrer des systèmes compacts.
SCÈNE SONORE, DYNAMIQUE ET RÉALISME MUSICAL
En retournant sur un genre dit « classique », qui ici correspond à la fois à l’époque classique avec la Gran Partita KV361 de Mozart par le LSO Wind Ensemble qu’à l’époque moderne avec Le Concerto pour Orchestre de Bartok par Sir Georg Solti. Dans ces deux pièces peu accomodantes, la grâce, la volupté et le raffinement sont présents. Le rendu reste pétillant, frais et jovial pour le premier, le deuxième illustre la minutie, la rapidité des attaques, l’énergie et la justesse propres à l’identité de TAD. Les scènes, larges et profondes, étagées, sont reproduites de manière tout à fait crédible et remarquable (pas évident dans la petite salle qu’est Excellence). L’air entre les instruments est palpable, la grande respiration des débuts notable, le système est fidèle à l’enregistrement. Et dans l’ensemble, les graves et les bas-graves sont présents, vifs et timbrés.
Enfin, le dernier morceau écouté est un pur plaisir personnel, avec la reprise de Ancora, Ancora, Ancora par Tiziano Ferro. Écoutée des milliers de fois, cette chanson est toujours aussi belle et sur ce système, la respiration du chanteur ainsi que le crescendo pendant le refrain est pleinement diffusé par ces belles enceintes. Un peu plus de velours n’aurait pas fait de mal mais toute la sensibilité de l’artiste est présente.
UNE INVITATION À ÉCOUTER, RESSENTIR ET VIVRE

Un système équilibriste, virtuose, à la fois rigoureux, réactif, capable d’offrir un grand spectacle jamais outré, distillant des harmoniques crédibles et une vigueur tranquille, débarrassée de toute forme de cholestérol, plus agile que musclée, plus adepte de la foi en la réalité industrielle que du Kintsugi, à savoir l’art de reconstituer un objet brisé en le rendant plus beau. Non : ce système impose la trame originelle.
