Ainsi, en revenant à la suite pédagogique Young Person’s Guide to the Orchestra de Britten dirigée par lui-même, le rendu est plus transparent et vif et par conséquent moins ample ou onctueux, plus affuté mais moins souple. On perçoit clairement que la captation est datée (1964) car ce nouveau DAC souligne plus que précédemment les couleurs de micros utilisés alors par Decca. Toutefois, la quiétude naturelle du reste de l’ensemble ingère sans problème une telle contre-proposition et pose tout aussi surement une scène sonore plausiblement reconstituée.
FISCHER&FISCHER KLEIN : UNE AMPLEUR SURPRENANTE
La comparaison entre les deux convertisseurs fait comprendre combien ceux-ci sont importants dans un système et souligne la réactivité des enceintes Klein. En effet, en écoutant l’album Spells de O’o, il est facile de se rendre compte que la voix de Victoria Suter, bien que tout aussi envoûtante, est plus détourée, moins caressante, un peu plus nasale. Le son est plus centré sur l’individualité des timbres plutôt que sur la cohérence d’entre eux. Le grave est très tendu, la scène en avant, ce qui prouve que les Klein sont des petites merveilles, très caméléones, fondamentalement dépendantes de la chaîne en amont.
LA MAGIE DE L'ARDOISE ET DU SAVOIR-FAIRE EUROPÉEN
De même, sur cette configuration, les cordes du Quatuor Arod semblent plus ardentes, au profit d’une définition supérieure et, inévitablement, au détriment d’une certaine douceur. Après, il faut souligner que cette perte de douceur n’est pas forcément une mauvaise chose : ce système nous implique davantage dans la ferveur des musiciens et c’est notre degré de mélomanie qui doit décider sachant que, quand bien même l’équilibre tonal semble plus clair, on ne se sent pas dépaysés par les timbres ou la matérialisation des instruments.
CONCLUSION

De manière générale, la combinaison AUDIA FLIGHT, AUDIOBYTE et FISCHER&FISCHER offre une proportion étonnante lorsqu’on considère les dimensions lilliputiennes des enceintes. C’est une équité peu commune (à ce prix et dans ces dimensions) entre justesse et intransigeance. Le surpiqué du convertisseur SuperHub face à l’harmonieux EAM Lab n’est donc pas « neutre », mais procure une résolution qui a du sens, où une fiévreuse nervosité s’oppose au velouté…
Cette écoute et surtout cette analyse prouve une fois de plus qu’il est difficile d’atteindre la perfection et qu’il est donc important d’ouvrir les portes de la personnalisation et surtout, de s’écouter. Seul ainsi, le pari insensé de rejoindre les contradictions entre « encombrement minimal », « musicalité engagée » et « sens du vrai » sera relevé !
Dans tous les cas, pas de panique, quelle que soit votre préférence, les petites Klein acquiesceront de toute façon, sans état d’âme…
